Carence en soufre (S)

Fréquence

Le soufre a un comportement similaire à celui de l’azote dans le sol : sensible au lessivage et dépendant de la minéralisation. Les fournitures du sol sont étroitement liées au climat de l’automne et de l’hiver.
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| Titre : Croissance altérée. Description : La croissance des plantes carencées est légèrement altérée avec des entre noeuds plus courts. |
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| Titre : Jeunes feuilles vert pâle. Description : Décoloration vert clair à jaune des jeunes feuilles (feuille supérieure blé). |

Symptômes
Sur orge, il est plus difficile de voir les symptômes. La couleur des cultures d’orge ne permet pas de différencier facilement les zones touchées.
Apparition des symptômes à partir de fin tallage - début montaison.
Parcelle
Les zones atteintes sont réparties en foyers, et parfois en bandes car les zones surfertilisées en azote extériorisent en premier la carence.
Plante
- Réduction de la montée des talles à partir du stade épi 1 cm.
- Entrenoeuds plus courts.
Feuille
- Aspect vert pâle des jeunes feuilles qui peut être plus marqué à la base du limbe.
- Stries jaunes ou vert clair le long des nervures.
Confirmation du diagnostic
Analyse de plantes (à défaut de normes établies pour l’orge, ces seuils sont extrapolés par rapport à ceux du blé)
Teneurs en S exprimées en % de la MS
- Stade épi 1 cm (plante entière) : teneur normale: 0.25 – 0.30% MS.
- Floraison (2ème et 3ème feuille sous l’épi) : Seuil de carence : 0.20% ; Normal : 0.25 – 0.30 %. Attention à respecter rigoureusement le stade et éviter de prélever des feuilles nécrosées même partiellement.
L’interprétation est plus facile si on réalise aussi le dosage du S sur des plantes saines et des plantes atteintes.

Situations à risque
- La carence en S est le plus fréquemment rencontrée sur les sols sensibles au lessivage et à faible minéralisation (argilo-calcaires superficiels, sols sableux et sols limoneux pauvres en matières organiques). Les hivers pluvieux et les printemps froids renforcent ce risque.
- Les forts apports d'azote accentuent la carence en soufre.
Une grille d'estimation du risque de carence en soufre sur céréales est proposée distinguant les situations avec ou sans apports réguliers de produits organiques (l'apport de soufre est inutile pour ces dernières), le type de sol, , le cumul de pluie du 1er octobre au 1er mars et l'apport de soufre sur le précédent.
Nuisibilité
- Faible si corrigée avant le stade 2 noeuds.
- Diminution du nombre d'épis/m² ou de la fertilité des épis.
- Les pertes vont de 2 à plus de 10 q/ha dans la plupart des cas. Jusqu'à 20 q/ha pour les carences les plus sévères. Les pertes sont d'autant plus élevées que la carence est précoce (mesures réalisées sur blé tendre d'hiver)
Attention la carence en soufre ne s'extériorise pas toujours par des symptômes visuels ; des pertes de rendement peuvent passer inaperçues.

Solutions préventives et curatives
Solutions préventives
Dans les situations à risque :
- apporter de 30 à 50 kg/ha SO3 du début tallage à épi 1 cm (meilleure efficacité du soufre de fin tallage à épi 1cm)
- Eviter l'apport avant l'hiver car le soufre sous forme sulfate risque d'être lessivé.
- Les engrais contenant la forme sulfate, thiosulfate et le soufre micronisé ont une efficacité équivalente. Les deux dernières conduisent à la forme sulfate par oxydation biologique, transformation qui demande un délai de une à deux semaines.
Solutions curatives
Dès l'apparition des symptômes, apporter 20 à 40 kg/ha de SO3, de préférence en pulvérisation foliaire de solution à 10% de sulfate d'ammonium ou sous forme de soufre micronisé. Si les symptômes sont précoces (avant 2 noeuds), il est également possible de faire un apport au sol.
Type d'engrais contenant du soufre
Le type d'engrais n'influence pas l'efficacité de l'apport. Elle doit être choisie en fonction du coût et de l'équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu'on choisit un engrais composé.



