Ergot

Claviceps purpurea

Claviceps purpurea est un champignon qui affecte les graminées cultivées ou adventices, sans spécificité d’hôte. Toute céréale à paille peut être contaminée, mais il existe des différences de sensibilité entre espèces : Seigle > Triticale > Blé dur, Blé tendre, Orge, Avoine. Les graminées fourragères sont également concernées : vulpin, ray-grass, fétuque, dactyle, fléole...

 

Pour aller plus loin, télécharger la plaquette Ergot et céréales à paille.

Germination des sclérotes
Titre : Germination des sclérotes
Description : Au printemps les sclérotes germent et produisent des stromas pedicellés appelés « têtes à périthèces ». Un sclérote peut porter en moyenne entre 1 et 10 têtes à périthèces, capables de produire plusieurs milliers d'ascospores. Les épillets de graminées sont susceptibles d'être affectés à floraison, avant fécondation des ovaires.

Miellat sur épi
Titre : Miellat sur épi
Description : Les épillets attaqués ne donnent pas de grain. Quelques jours après cette contamination primaire apparaît le miellat contenant les conidies composant l'inoculum secondaire. Ces conidies sont dispersées par la pluie et les insectes aux autres épis.

Présence d'ergots sur vulpins
Titre : Présence d'ergots sur vulpins
Description : Une attaque sur des graminées adventices peut créer un relai pour une contamination secondaire sur les céréales.

Sclérotes sur épi
Titre : Sclérotes sur épi
Description : Après le stade miellat, l'infection évolue vers la production de sclérotes, contenant des alcaloïdes toxiques.

Sclérotes de taille variable
Titre : Sclérotes de taille variable
Description : Les sclérotes sont de taille variable selon la plante hôte, généralement de grande taille (1 à 2 cm) chez le blé, mais certains sclérotes dépassent à peine la taille d'un grain de blé (grains sains au centre).

Ne pas confondre sclérotes et grains de blé
Titre : Ne pas confondre sclérotes et grains de blé
Description : Le sclérote a parfois la même taille et forme que les grains. Difficilement observables en culture, ils sont détectés dans les lots de grains.

Coupes d
Titre : Coupes d'un grain de blé tendre et d'un sclérote d'ergot
Description : Coupe d'un grain de blé tendre (à gauche). Coupe de sclérote d'ergot : extérieur noir, section blanc violacé (à droite).

Symptômes

Les symptômes apparaissent seulement sur les épis car le champignon attaque l’inflorescence des céréales.
• Apparition d’une masse blanchâtre puis noir violacé entre les glumelles : le sclérote ou ergot. Ce dernier peut dépasser nettement de l’épi de blé, mais pas systématiquement, rendant son observation difficile.
• L’ergot a souvent la même taille et forme que les grains mais il se différencie par sa couleur noire violacée.
• Coupe de sclérote d’ergot : extérieur noir, section blanc violacé.

Développement 
Au cours de l’hiver, Les sclérotes nécessitent des températures inférieures à 10°C et une humectation suffisante pour lever leur dormance. Un printemps humide, avec des températures entre 10 et 25°C sont ensuite requises pour maintenir l’humidité au sol nécessaire à la germination des sclérotes, puis à la libération des ascospores.

L’inoculum primaire correspond à l’éjection des ascospores dans l’air. Cette dissémination aérienne coïncide avec les premières floraisons des graminées adventices qui servent de relais, ou des céréales précoces.
L’inoculum secondaire est constitué par le miellat apparu quelques jours après la contamination primaire, et contient les conidies très résistantes aux conditions climatiques. Les conidies sont dispersées par les insectes, par les pluies(splashing) et par le contact direct entre épis malades et sains. Pucerons, thrips, cécidomyies et cicadelles sont des vecteurs potentiels des spores gluantes.

Situations à risques

Risque parcellaire (l’importance du facteur est représentée par le nombre de croix)

Choix de la culture (+++) : c’est un des leviers majeurs pour lutter contre l’ergot. Dans les situations à risque, préférer une culture moins sensible à la maladie, telle que le blé, l’orge ou l’avoine.

Désherbage (+++) : le contrôle des graminées adventices dans la parcelle constitue un levier incontournable, que la culture en place soit une céréale ou une culture non hôte. Ces mauvaises herbes, et en particulier le vulpin, très sensibles à la maladie, constituent autant de cibles et donc de possibilités de maintien pour le champignon. Elles jouent le rôle de relai et de multiplicateur de la maladie en assurant une contamination secondaire des cultures grâce au miellat produit ou tout simplement en produisant de petits sclérotes qui le plus souvent tombent et contaminent le sol avant les récoltes. Difficiles à identifier de par leur taille en moyenne 4 à 10 fois inférieure à celle des sclérotes de céréales, ils sont néanmoins nombreux et entretiennent (voire multiplient) le réservoir d’inoculum du sol.

• Rotations (++) : alterner les céréales à paille avec d’autres cultures non hôte, tout en maîtrisant l’enherbement, permet de briser le cycle du champignon.

Travail du sol/ profondeur d’enfouissement (++) Les sclérotes tombés au sol à la récolte constituent une source de contamination pour les campagnes suivantes. Un travail du sol profond enfouissant à plus de 10 cm les sclérotes permettra de diminuer fortement (de 85% environ) le potentiel infectieux de la parcelle.

Risque dans l’environnement des parcelles
Désherbage (+++) : La diversité et la densité de graminées sauvages présentes aux abords des parcelles sont susceptibles d’entretenir la présence de la maladie. Des bords champs, la maladie est peut alors progresser, grâce aux vols d’ascospores, vers l’intérieur de la parcelle sur une distance d’environ 20 mètres. Il est donc recommandé pour les situations à risque avéré de faucher les bords de champ avant floraison des adventices.

Risque climatique
C’est la principale cause d’apparition de la maladie. Les conditions hivernales rencontrées sur notre territoire sont globalement suffisantes pour lever la vernalisation des sclérotes. Les épisodes pluvieux qui vont permettre le maintien de l’hygrométrie au sol en hiver, puis au printemps sont déterminants dans l’expression de la maladie

L’infection se réalise avant la fécondation. Tout accident de fécondation augmente les risques de contamination. En effet, les épillets «baillent» dans l’attente d’une fécondation.

Nuisibilité

La nuisibilité de l’ergot ne s’exprime pas sur le rendement, mais par la production d’alcaloïdes toxiques pour l’homme et les animaux.
La présence de sclérotes dans les lots de céréales destinés à l’alimentation humaine ou animale est ainsi réglementée pour les céréales non moulues.
Selon la directive européenne 32/2002, la présence de sclérotes dans les lots de céréales destinées à la consommation animale ne doit pas dépasser 1 g/kg.
Le CODEX (CODEX STAN 199-1995) et l’AFSSA (Avis Scientifique et Technique du 3 avril 2008) définissent un taux d’ergot à 0.5 g/kg de céréales brutes. La Commission Européenne a adopté en avril 2015 la modification du règlement 1881/2006 concernant l’instauration de limites maximales de teneur en ergot à 0,5 g/kg sur les céréales brutes.
Concernant les semences, c’est la Directive européenne 66/402 qui fait foi. Elle tolère un maximum de 3 sclérotes ou fragments de sclérotes pour 500 g de semences certifiées et 1 sclérote ou fragment de sclérote dans les semences de base.

Méthodes de lutte

Les moyens de lutte existant ne sont que préventifs :

- Vis-à-vis d’un lot de semences contaminées, la première étape - prioritaire - est le nettoyage des lots de semences pour éviter la dissémination des sclérotes au semis. Il n’existe pas à ce jour de traitement de semences homologué permettant de lutter contre cette contamination. Des premiers essais réalisés en conditions contrôlées (chambres climatiques) ont mis en évidence un effet inhibiteur de la germination des sclérotes avec l'association Carboxine et Thirame (Vitavax 200 FF). Ces essais doivent être confirmés au champ.
- Travail du sol : les sclérotes enfouis à plus de 5 cm ne germent pas. Ils sont détruits après plus de 2 ans passés dans le sol;

- il n’existe pas de variété résistante à l’ergot.


Il est donc recommandé  :
- Un labour, ou tout travail permettant d’enfouir les résidus à plus de 10 cm, réduit fortement le risque de contamination pour la culture suivante. Un travail superficiel favorise au contraire la dissémination du champignon.
- Le contrôle des vulpins et ray grass : la présence de graminées comme le vulpin ou le ray-grass à la floraison des cultures est un facteur de risque majeur de contamination par l’ergot des céréales. Leur contrôle constitue une mesure de prévention incontournable contre ce champignon. Détruire les graminées adventices afin de limiter l’importance de l’inoculum secondaire (nettoyage, fauchage des bordures de parcelle, utilisation d’herbicides efficaces)

- Employer des semences certifiées et/ou indemnes de sclérotes
Face à la présence résiduelle de sclérotes dans le lot de semences (après les opérations de nettoyage), considérer la possibilité de préférer un traitement fongicide de semences efficace sur la germination des sclérotes. Certaines substances actives ont ainsi fait preuve en conditions contrôlées, d’un effet inhibiteur sur la germination des sclérotes. Les premiers essais au champ confirment l’efficacité d’un apport associé de prochloraze et de triticonazole (réduction d’environ 90 % de la production de têtes à périthèces), ou bien encore de l’association carboxine et thirame, (réduction d’environ 80% de la production des têtes à périthèces). Attention, cette méthode de lutte complémentaire - qui reste à confirmer sur de nouveaux lots de sclérotes et de nouvelles conditions de semis - n’aura pas d’effet sur l’inoculum déjà présent dans le sol, elle ne peut que contribuer à la maîtrise des sclérotes présents dans le lot de semences après les opérations de nettoyage


Agir au champ :
- Privilégier le labour après une épidémie. Certains sclérotes malgré le labour parviennent à se maintenir en surface. En l’absence de risque ergot l’année suivante par apport exogène, Il est ensuite préconisé un travail simplifié afin de ne pas exhumer en surface les sclérotes enfouis l’année précédente et qui seraient restés viables : un second labour doit être évité, il pourrait ramener dans les couches superficielles du sol jusqu’à 60% des sclérotes dont certains peuvent avoir conservé leur potentiel germinatif
- Eviter la culture de céréales à pailles en continu sur des parcelles infestées et être particulièrement vigilant sur l’enherbement pour stopper l’entretien et la multiplication de l’inoculum dans le sol.
- Contrôler efficacement le développement des graminées adventices à l’intérieur des parcelles
- Faucher les graminées sauvages avant floraison (sauf avis contraire par arrêté préfectoral en raison de la préservation de la faune sauvage).

Nuisibilité  

Fréquence 
Source des données : ARVALIS - Institut du végétal
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